Conférence : L’IA et le Sud global
Enjeux épistémologiques, perspectives et impacts psycho-sociaux
1. Contexte institutionnel et organisationnel
C’est dans le cadre des activités scientifiques du Laboratoire de recherche Humains, Société et Valeurs que s’est tenue la conférence intitulée « L’IA et le Sud global ». Porté par la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de l’Université Ibn Tofail (Kénitra, Maroc) et placé sous la coordination scientifique du Dr Khadija Ouadi, cet événement s’est déroulé le vendredi 28 novembre 2025 au sein de l’Amphithéâtre rouge de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion.
La rencontre a bénéficié de la contribution intellectuelle d’une délégation de chercheurs de l’École des Sciences Sociales, Arts et Lettres (SSAH) de l’Université Al Akhawayn, réunissant le Dr Abderrahim Said, le Dr Thomas C. Willkens, le Dr Marcelo Alves et Paula Lima, favorisant ainsi un espace d’échange académique inter-institutionnel.
2. Enjeux épistémologiques et problématique scientifique
Intitulée « L’IA et le Sud global », cette conférence s’est donné pour objectif d’examiner l’intersection critique entre le déploiement de l’intelligence artificielle et les réalités socio-politiques du Sud global. Les débats ont principalement pivoté autour de la déconstruction du monopole technologique et épistémique qui régit actuellement la production, l’implémentation et la gouvernance des systèmes d’IA à l’échelle internationale.
La problématique soulevée met en évidence que les paradigmes dominants de l’IA, structurellement adossés à des ensembles de données (datasets) et des systèmes de valeurs exogènes, font peser le risque d’une nouvelle forme d’exclusion épistémologique. Pour des nations en transition numérique telles que le Maroc, cette hégémonie conceptuelle et technique menace de marginaliser les épistémologies locales et de reconduire des rapports d’asymétrie.
3. Perspectives et contributions de la rencontre
En appréhendant l’intelligence artificielle comme un « espace contesté », les contributions ont convergé vers la nécessité pressante pour le Sud global de transcender la posture de simple consommateur de technologies. L’enjeu, tel qu’il a été formalisé lors des sessions, est d’impulser une participation active et directrice dans la définition, la codification et l’orientation des futurs technologiques. La conférence a ainsi réaffirmé l’importance d’une souveraineté numérique et scientifique capable de garantir l’équité et la pluralité des savoirs à l’ère algorithmique.
4. Importance académique et impacts psycho-sociaux de la manifestation
- Dynamisation de la vie universitaire
Au-delà de sa contribution théorique, l’organisation de telles manifestations scientifiques s’avère fondamentale pour la vitalité des institutions universitaires. Elle transforme l’université en un incubateur d’idées vivantes, stimulant la recherche interdisciplinaire et favorisant le décloisonnement des savoirs entre différentes facultés et universités partenaires. Ces espaces d’échange offrent aux doctorants et jeunes chercheurs une confrontation directe avec les débats contemporains les plus pointus, consolidant ainsi la posture scientifique de l’établissement à l’échelle nationale et internationale. - Impact sur le plan personnel : Éveil critique et agentivité
Sur le plan individuel, la participation à ce type de débat s’accompagne d’une profonde restructuration cognitive et professionnelle. Pour le chercheur, elle stimule la pensée critique face aux hégémonies technologiques et favorise le développement d’une « agentivité épistémique » — c’est-à-dire la capacité de se percevoir non plus comme un simple récepteur passif de théories mondiales, mais comme un producteur légitime de sens. Ce sentiment d’efficacité personnelle est essentiel pour nourrir la motivation intrinsèque nécessaire à la rigueur des travaux doctoraux et cliniques. - Impact sur le plan interpersonnel : Tissage relationnel et résonance collective
Sur le plan interpersonnel, la manifestation universitaire agit comme un puissant vecteur de socialisation académique. Elle permet de briser l’isolement inhérent au travail de recherche en créant des réseaux de collaboration et de mentorat horizontal. La confrontation dialectique des points de vue affine la capacité d’écoute, l’empathie intellectuelle et l’intelligence collective. Plus encore, en partageant des préoccupations communes liées à l’avenir sociétal et technologique du Maroc, les participants développent un sentiment d’appartenance à une communauté de pairs soudée, unie par une responsabilité éthique et scientifique partagée.













